REPÉRAGE DIGITAL

Repérage digital

REPÉRAGE DIGITAL
olivier queysanne
p:rec 018 / cdr / 2002 / 4 tracks / 52:50

olivier queysanne : oscillateurs numeriques cycle~ max/msp sur mac i-book g3 / 500

5 Comments


  1. OSCILLATIONS #03
    novembre 2002 / par Sylvain Gauthier


    Le label Pricilia, basé à Nancy (région berceau du mythique festival MusiqueAction), continue de mener sa courageuse et salutaire mission de promotion de la jeune garde de la musique improvisée. Exigeant et enthousiaste, il nous présente ainsi Olivier Queysanne, armé d’oscillateurs numériques CYCLE~Max/MSP fonctionnant sur I-Book. Tout commence en juin 2000 quand ce dernier entreprend la première occurrence d’une longue série de “performances sonores numériques en solo, explorant les lieux privés, publics, institutionnels et les galeries, à l’affût de petits événements sonores interstitiels”, et ayant pour nom Repérage Digital. Après une quasi trentaine de Repérages effectués principalement dans des appartements de Paris et New York, c’est ici le disque lui-même qui constitue le lieu à explorer. Queysanne y traque donc les relations subtiles entre oscillations/pulsation/rythme, durée, espace acoustique et sculpte et ausculte avec patience, minutie clinique, ses longues formes oscillatoires qui se déploient hors du temps, austères acouphènes, omniprésents et insaisissables, dégagés de la pesanteur du chronos mais ancrés dans un temps propre auto-généré. Toutefois, il ne faut pas oublier que l’auditeur joue un rôle capital dans le dispositif : lui aussi est exploré par cette forme numérique sonore et il doit impérativement se positionner face à elle. Il en ressort de toute façon éprouvé, physiquement transformé : lorsque jouée par votre lecteur de disques, cette succession de quatre masses stridentes emplit la pièce où vous vous trouvez de toute sa densité et va jusqu’à la hanter lorsqu’elle a pris fin. Sondé, exploré et hanté, l’auditeur l’est tout autant que le disque et le lieu d’écoute. Quoiqu’il en soit, la relation complexe qui s’est nouée et jouée entre tous ces éléments durant l’écoute / diffusion vaut à elle seule la peine que l’on prête attention à cette œuvre. Repérage Digital : territoire blanc, aride, statique et inhospitalier où tout bascule comme dans un rêve sibyllin et angoissant, duquel on s’extirpe sans être certain d’être encore soi. Difficile d’accès, ce disque extrême témoigne de sa filiation à une série et s’inscrit comme tel dans une logique expérimentale sans concession.

    Reply


  2. JADE WEB #14
    janvier 2003 / par Julien Jaffre


    L’utilisation privilégiée d’un type de matériel, d’une fonction usitée d’un vieux logiciel, des potentiels oubliés d’instruments désuets/démodés prend aujourd’hui une part croissante dans l’élaboration du morceau. Le son chemine en étroite collaboration avec l’idée même de ce que veut faire l’auteur. Cette imbrication du matériel comme élément déterminant de la composition est sans doute un héritage des G.R.M. ou de l’IRCAM (dont le synthétiseur modulaire numérique ici présent est issu), et continue à occuper les attentions d’artistes, de 386 DMX à Oeuf Korreckt.
    Olivier Queysanne a élaboré sa participation sur le tard, en investissant à la nuit tombée, appartements et lieux intimes de la capitale. Une exploration en règle des lieux de complicités (ou non) donnant à écouter “de petits évènements sonores interstitiels”.
    Un matériel très ciblé, très présent qui a le mérite de ne pas trop obturer l’œuvre de son contenu. La complexité du processus (et du matériel) contraste ainsi avec la simplicité de l’œuvre, la légèreté de l’approche. La mise en action révèle une lente montée (presque) silencieuse et répétitive où les espaces clos se remplissent peu à peu de sens. On pense à Kozo Inada ([d] sur staalplaat) à Heimir Björgulisson, à Richard Chartier, par instant à Tobias Hazan, puis surtout Jocelyn Robert, pour cette traque commune de l’indicible (20 moments blancs sur OHM). Froid et reposant.

    Reply


  3. MAGIC #70
    avril 2003 / par Marie Daubert


    Si Olivier Queysanne pouvait vous téléporter au 5 passage Montbrun, à Paris, ou au 30 East 31th Street, à New York, au lieu de vous intercepter par Cd-R interposé, il le ferait sans hésiter. En effet, la démarche de ce musicien hors norme s’affronte sans relâche à ce tour de passe-passe technique que constituent l’enregistrement et la restitution, qui amputent les espaces de diffusion pour les faire tenir dans les limites sonores d’un Cd standard. La haute-fidélité ne changera rien aux positions d’Olivier, bien au contraire. Si le meilleur système acoustique fait d’une salle de concert un lieu d’écoute optimisée (et donc artistiquement déjà dirigée), qui met en place une résonance idéale en contraignant les volumes, alors il préfère adapter sa performance, le Repérage Digital, à un espace donné. Il pose une unique enceinte, une intervention minimale, comme catalyseur du lieu pour en déclencher les singularités acoustiques. Ce que le principe peut avoir de résolument lo-fi dépasse ici la seule simplicité des moyens, même si Olivier met toute sa rigueur à utiliser un ordinateur “bas de gamme, soit un Powerbook G3, mais jamais le plus puissant”, explique-t-il. “Je travaille depuis 1998 avec Max MSP, qui est un logiciel capable d’aller extrêmement loin dans les technologies du son. Mais il est aussi utilisable à 1/1000e de ses possibilités, comme l’usage critique que j’en fais !” La démarche met surtout en avant ce que la lo-fi secrète a de plus brut, le lien le plus direct entre écouter et être présent, à sans cesse révéler le procédé, qu’il s’agisse du souffle d’un magnétophone ou des recoins d’un espace de diffusion improvisé. Et cet appartement ou cette salle de classe se mettent dès lors à vibrer de la présence et de la répercussion des oscillateurs sonores manipulés par l’artiste – les générateurs sinewave de Max MSP concentrés en un point sonnant par cette fameuse enceinte mono à la sortie du Powerbook.

    HABITAT
    Abrupts, minimalistes jusqu’à la monomanie, les Cd-R qu’Olivier produit sur son label, Inthyspace Records, rendraient cinglé le plus patient des compteurs Geiger. “Ce sont des documents, et non de véritables albums. Ils sont là pour garder une trace de la performance”. Dans ces conditions, comment envisager la sortie d’un disque d’après la proposition d’Hugo Roussel et de son label d’electro minimale Pricilia Records ? “Pricilia est aussi un lieu digital, représenté virtuellement par son site Internet. Mon travail est uniquement numérique, il n’y a pas d’effet, pas d’intervention analogique. Alors les données de mon ordinateur à ce Cd restent dans le même espace, virtuellement chez Pricilia. C’est pourquoi je considère que le lieu choisi est le support, le Cd lui-même”. Le résultat obtenu est une errance délicate, une note vibrante et duveteuse qui dilate le temps comme on perce un secret. Trois minutes, puis quatre, puis cinquante, la vibration décroche imperceptiblement, semble se réajuster, perturbant la stabilité de l’environnement lui-même, comme un papillon provoquant un raz- de-marée d’un battement d’aile. Insupportable pour qui ne s’absorbe pas tout entier dans son écoute, ce travail prend des allures de mantra. Proposant à l’auditeur une perception plus ténue, renouvelée, Olivier conçoit le Repérage Digital comme une expérience intime. Sensibilisé à ces problématiques par des amis étudiants en architecture, il se propose depuis l’année 2000 d’explorer l’habitat à travers quatre villes (Paris, Berlin, New York et Tokyo) et autant d’appartements.

    Reply


  4. SOUND PROJECTOR MUSIC MAGAZINE #11
    juin 2003 / par Ed Pinsent


    Vicious, piercing, shrill noise. A lengthy endurance test with virtually no payoff.

    Reply


  5. ABSURD #08
    juillet 2003 / par Nicolas Malevitsis


    olivier queysanne’s reperage digital is a cdr that belongs to those that you either love or hate since the first listen, created using oscillators via his max/msp, the four tracks of which sound as if you listen to generated sine waves played at a different tone each time, though not much is happening, is a recording that if listened/used for an installation or a more in situ like thing works different than listening to it at home, in my case I must admit that belongs to those recordings that when I’m the mood I fancy them, when not I don’t. if I was experiencing it live or at an installation kind thing it would have been different.

    Reply

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s